En bon français

Mercredi 5 juillet 2006 3 05 /07 /2006 02:43

Comme le disait si bien notre ami Guy A. Lepage lors d'un sketch de Rock et Belles Oreilles alors qu'il imitait Jean Garon, Ministre de l'Éducation du Québec en 1994:

'' Ça pas d'allure mesdames et messieurs comment c'est que c'est que nos jeunes sont éducatés (...) Nos jeunes font des fautes, mesdames et messieurs, des fautes gros comme le gras! On crérait qu'ils ont désappri! A partir de dorénavant ... ''

En voulant se moquer du Ministre de l'Éducation, Guy A. Lepage et sa gang ont en fait mis le doigt sur une des faiblesses de bien des gens: la maîtrise de la langue française. Et ça touche tout le monde dans divers contextes, autant au parlé qu'à l'écrit. On n'y échappe pas: tout le monde fait des fautes (même moi, eh oui que voulez-vous , je ne peux pas être parfait!).

J'ai décidé de consacrer cette nouvelle catégorie '' En bon français '' à la langue française, ma langue maternelle que j'adore, qui me surprend toujours et dont je ne maîtrise malheureusement pas toutes les subtilités. Conjugaisons, difficultés orthographiques, grammaire, exceptions, jeux de mots etc. Avec seulement 35 000 mots (si on compare aux 80 000 mots de la langue anglaise) il n'en reste pas moins que le français est une langue complexe et qu'on ne finit jamais d'en apprendre sur elle au gré de nos lectures.

 

Alors remisons nos '' Si j'aurais ... '' et faisons tous un effort pour redorer l'image d'une langue riche qui mérite qu'on la respecte.

Jonas

Par Jonas - Publié dans : En bon français
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Vendredi 18 août 2006 5 18 /08 /2006 08:23
Les soeurs Diane et Béatrice Desloges



J'ai passé la soirée à Casselman (Ontario) en compagnie de ma famille où l'on a assisté au spectacle L'écho d'un peuple qui retrace les 400 ans d'histoire de la communauté Franco-Ontarienne. Ce spectacle est en fait une genre de méga-production (qui se déroule à l'extérieur) et qui implique des centaines de comédiens amateurs et bénévoles. Il s'agit donc d'un croisement entre La Fabuleuse Histoire d'un Royaume (au Saguenay) et Légendes Fantastiques (Drummondville).


Dans ce genre de production, je trouve qu'il y a trop souvent plusieurs scènes kitch - ce qui n'a pas fait défaut dans ce cas-ci comme je m'y attendais - mais il reste qu'une des scènes était absolument réussie. C'est la scène qui raconte la bataille des épingles à chapeaux.


Mise en contexte: 1916, le gouvernement de l'Ontario décide de limiter l'enseignement du français dans les écoles avec le Règlement 17. Deux institutrices de l'école Guigues à Ottawa (Béatrice et Diane Desloges) vont alors lancer un mouvement de résistance au risque de perdre leur salaire et leur brevet d'enseignement. Le gouvernement décide donc de fermer l'école Guigues, ce qui fait bondir la communauté Franco-Ontarienne. Des femmes ne se gêneront pas pour attaquer (avec leurs épingles à chapeaux!) des inspecteurs ou policiers qui tentent de s'approcher d'eux pour imposer l'unilinguisme anglais. Le Règlement 17 sera finalement retiré en 1927 et ne disparaîtra qu'en 1944, après plusieurs manifestations.


La scène en question représentant cet épisode nous replonge dans le cinéma muet où des stroboscopes ont été utilisés pour faire comme si on assistait à un vieux film tourné sur bobine (style montage réalisé aux ciseaux). De plus, ils ont pris la peine de mettre le bruit que ferait l'écoute d'un film de cette époque (le tac-tac-tac que ferait la pellicule...) en plus de rajouter de la musique digne d'un film de Charlie Chaplin. On voit donc des soeurs entourées de jeunes enfants brandissant leurs ardoises et des policiers, matraques à la main, qui essaient de s'approcher. C'est alors qu'une délégation de soeurs vêtues de longues robes noires et chapeaux blancs, épingles à la main, pourchassent les policiers. Je me tordais de rire, tellement l'effet était réussi! Vraiment une belle inspiration avec touche humoristique pour décrire ce combat mené au début des années 1900 pour la sauvegarde de la langue française en Ontario.


Jonas    


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Mardi 17 octobre 2006 2 17 /10 /2006 10:22
 
J'en parlais dans un billet sur ce blog il y a quelque mois de cela, et maintenant je l'ai en images. Voici donc l'imitation par RBO (Guy A. Lepage) de l'ancien ministre de l'éducation. Pour remettre dans le contexte, Jean Garon avait été ministre de l'agriculture avant d'être nommé ministre de l'éducation (toute une progression!). On comprend mieux les nombreuses références à la ferme et le magnifique tableau de vache en haut à gauche - sans oublier le traitement réservé à la langue française! Ouch! Un classique...



<< Un fifi, la strap! Non, ça c'est pas un bon exemple y'en a qui aiment ça! >>




Jonas
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Jeudi 19 octobre 2006 4 19 /10 /2006 14:37

A l’approche de mon 100ième billet sur ce blog, je me disais qu’il faudrait bien que je fasse un article spécial pour le souligner. Or, en me connectant ce matin j’ai réalisé que le 100ième article je l’avait déjà écrit et que le prochain billet (celui-ci) serait le 101ième… zut alors! De quoi pourrais-je parler dans mon 101ième alors que je viens de rater l’occasion de souligner le centième ? Eh bien 101 ça fait penser à… la Loi 101 (connue sous le nom de La Charte de la langue française). Je ne pense pas que les gens en France connaissent, mais quand on vient du Québec on a souvent entendu parler – entres autres – des remous qu’a créé cette loi suite à son adoption le 26 août 1977 à l’Assemblée nationale du Québec.

 

Voici donc les grandes lignes de cette Loi 101 qui a fait du français la langue officielle du Québec et qui a eu un impact indéniable sur le façonnement du Québec tel qu’on le connaît aujourd’hui :

 

-      droit de travailler, d’être servi et de recevoir l’enseignement en français

-    obligation des entreprises de plus de 50 employés d’obtenir un certificat de francisation et, si nécessaire, mettre sur pied des programmes de francisation pour y parvenir (les PME de moins de 50 employés y échappent toujours)

-    français prédominant sur les affiches commerciales (après un jugement de la Cour suprême du Canada en 1988 puisque la première version de la loi 101 exigeait l’unilinguisme français)

-     scolarisation des immigrants en français

 
Près de 30 ans après son adoption, il est normal de se demander si cette loi est toujours utile et nécessaire. En lisant cet article de Guy Rocher, Professeur au département de sociologie et chercheur au Centre de recherche en droit public de l’Université de Montréal, je réalise qu’il a bien raison en affirmant que non seulement la Loi 101 est toujours d’actualité mais qu’il faudrait la renforcer pour l’adapter aux réalités de mondialisation du XXIe siècle en y incluant la culture. Ainsi, le rétablissement du lien entre langue et culture serait fait et renforcerait la protection de la langue française.

 

J’étais supposé faire un genre de ‘’débat’’ sur ce qu’est la jeunesse québécoise pour la soirée de samedi mais je pense plutôt en profiter pour voir les divergences et/ou similitudes d’opinions que les québécois et les français ont en ce qui a trait à la situation de la langue française au Québec (et en France)... je suis curieux de voir le résultat! Je me demande aussi si les français sentent autant l'urgence que les québécois de protéger la langue française... dans un océan de 330 millions d'anglophones, je pense que la protection de la langue française par les quelque 8 millions de francophones en Amérique du Nord va de soi. Pour les français qui vivent en France au milieu de l'Europe, j'ai l'impression que cette préoccupation de protection du français les inquiète moins... peut-être que je me trompe!

 

Jonas


P.S. Autre texte d'actualité

Par Jonas - Publié dans : En bon français
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