Tout d'abord, je pense qu'il faut se poser la question: est-ce que notre société est si figée que cela et si oui, pourquoi est-ce le cas? De retour ici après une absence de près de 2 ans, j'ai rapidement constaté cet immobilisme et ce à mon propre détriment. Je m'explique: en recherche moi-même d'un futur emploi, d'un retour à l'école ou du éventuel projet auquel je pourrais participer pour la suite des choses puisque la vie continue même après mon absence prolongée du pays, je me suis rendu compte assez rapidement que ma chance, on ne me la donnerait pas si facilement que ça.
En fait j'attribue entre autre les quelques portes qui se sont refermées autour de moi depuis mon retour au fait que le Québec d'aujourd'hui n'ose pas trop prendre de risques et manque de créativité, d'audace et de confiance envers le potentiel de ses citoyens. Je le savais déjà qu'on s'attardait beaucoup aux diplômes et qualifications des gens ici, et que si on ne possède pas exactement le diplôme X et le nombre d'années d'expérience Y qui mènent à l'emploi affiché, on ne regarde même pas notre CV... or, une société qui pense et agit en ayant de oeillères n'est pas à mon avis un endroit sain et ouvert où les gens qui ont des initiatives pourraient apporter du sang neuf qui contribuerait à amener des idées nouvelles qui elles déboucheraient éventuellement sur des projets rassembleurs auxquels la société serait intéressée à participer.
Lorsque je compare à la Nouvelle-Zélande où j'ai habité pendant 1 an et demi, un pays de 4 millions d'habitants, là-bas on a pas hésité à me laisser ma chance ... et à 2 reprises en plus! Il est vrai qu'ils n'ont pas beaucoup de gens qualifiés et qu'ils avaient un besoin criant de main d'oeuvre qualifiée (taux de chômage à 3%!), mais au moins ils ont eu l'audace de laisser la chance à des étrangers comme moi qui sont intéressés à apporter leur contribution. Je dirais même plus, cet esprit audacieux se reflétait partout dans les couches de la société et on sentait vraiment un esprit d'enthousiasme et d'entreprenariat qui nous emportait dans le courant tellement les gens autour de nous étaient ouverts, prêts à accorder une chance et optimistes face au potentiel des gens qui débarquaient comme moi. Et ça fait toute la différence de voir que les gens autour de moi me supportaient et avaient de la bonne volonté dans leurs actes sans essayer de m'écraser ou de me faire sentir qu'il y avait 12 candidats mieux qualifiés que moi qui avaient déjà passé l'entrevue avant moi et que ma chance serait peut-être pour dans 10 ans... ce qu'on ne s'est pas gêné pour laisser sous-entendre dans des entrevues passées à Montréal par exemple.
Bref, je pense que le Québec doit regarder ailleurs comment ça se passe, s'ouvrir et se réveiller pour prendre conscience du potentiel des individus qui composent la société d'ici tout en faisant plus confiance aux gens de ma génération qui tentent de faire leur place tant bien que mal dans l'engrenage de la société qui est déjà bien trop compartimenté à mon avis. Comment trouver un projet rassembleur si on ne fait même pas confiance à ce que peuvent apporter les gens qui composent votre propre société? Pas étonnant qu'on soit pris dans la glace...
Jonas
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