Ainsi sois-je

Vendredi 12 août 2005

Un point que j'ai beaucoup sous-estimé en déménageant dans un autre pays: la langue. Je me doutais bien avant de partir que les livres, les CD, la radio, les films et les spectacles en français, ça serait beaucoup moins accessible pour moi une fois à l'autre bout du monde ... mais en plus vivre en anglais et sans français à tous les jours, c'est une autre histoire!

Durant les premiers mois surtout, ça devenait frustrant parfois... c'est alors que je me suis rendu compte à quel point la culture francophone fait partie de moi et de mon identité, et qu'en me retrouvant dans un milieu anglophone ou le seul signe de français qu'on voit c'est l'accent aigu du mot café (j'exagère à peine...), c'est comme si je devais renoncer à l'émancipation d'une partie de moi, de qui je suis. Il faut même se battre avec le clavier d'ordi pour avoir des accents (il n'y a pas de u accent grave sur mot ou de la phrase précédente et je le sais! Grrrrrr!). 

Je suis habituellement quelqu'un qui s'habitue assez bien à des environnements changeants, mais je dois quand même avouer que la présence du français me manque toujours après plus d'un an en NZ. Je ne m'y habitue pas. Je sais bien que ça fait partie de l'expérience d'expat de vivre dans un milieu différent de ce qu'on est habitué de connaître et qu'il ne faut pas s'attendre à ce que la bouffe goûte pareil et tout et tout (combien frustrant quand on voit des touristes qui chialent et qui s'attendent à ce que tout soit pareil comme chez eux et ne cessent pas de faire des comparaisons!). L'anglophonie, pas pour toujours SVP ...

En attendant, eh bien je parle français à la maison, les nouvelles sur internet, TV5 30 minutes par jour (si on est chanceux), les forums de discussion (question de garder le vocabulaire!), radio sur internet, mon blog! mes amis et ma famille :)

Jonas

Par Jonas
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 17 août 2005

Carrie Bradshaw (Sex and the city) ne pouvait résister devant une paire de Manolo dans une vitrine de magasin et devait insister auprès du vendeur pour qu'il ne la laisse pas acheter, mais simplement essayer... ce qui échouait, bien évidemment! On se souvient aussi de l'épisode ou Samantha va jusqu'à commander la fameuse sacoche rouge (affreusement chère) au nom de Lucy Liu puisque c'est la seule manière de s'en procurer une sans attendre pendant des mois sur une liste d'attente ... ils sont fous ces New-Yorkais! Sans oublier les Star Wars dolls de Eric dans That 70's show (action figures! selon lui... tiens ça me rappelle quelqu'un ;).

En fait on a tous nos objets inutiles (et habituellement assez chers) dont on sait très bien qu'on pourrait aisément se passer, mais qu'on achète pareil puisque c'est plus fort que nous... pour certains c'est de renouveller la garde-robe au gré des saisons, pour d'autres c'est d'avoir l'auto de l'année dans son entrée de cour ... moi pour ma part je n'ai pu résister après avoir remarqué que le magasin électronique de l'Université vendait des iPod mini, lecteur mp3 de 6GB-1500 chansons, un peu moins cher qu'ailleurs (à peine moins cher, mais bon!).

C'est alors qu'il faut essayer de se convaincre que: dans le fond, ce n'est pas si cher que ça ... je vais m'en servir beaucoup... ça vaut le coup... il faut bien se gâter des fois ... qui va nous gâter si on ne le fait pas... bla bla bla. Bref, on finit par chasser la culpabilité qui nous ronge à l'idée de dépenser une somme extravagante qu'on pourrait bien évidemment mieux investir ailleurs et on achète pareil l'objet inutile loin d'être indispensable tout en étant bien fier de notre achat du siècle.

Voici mon nouvel objet inutile:

Et oui, il est bleu le mien :) Ça joue bien quand même, bravo bon achat JO!

Jonas

 
Par Jonas
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Lundi 26 septembre 2005

Je me pose la question et je vais essayer d'y répondre honnêtement. Pas facile. Pourquoi on lit au fait? Il m'arrive souvent de consacrer une partie entière d'une journée de congé ou encore une soirée la tête plongée dans un bouquin. Je ne compte pas les heures, mais ça doit faire une bonne proportion de mes heures éveillées (durant lesquelles je ne travaille pas, on s'entend!).

Voici mes principales raisons: tout d'abord parce que je suis curieux. J'ai toujours cette envie de découvrir des nouveaux auteurs et leur façon propre de rendre leur récit, leur touche personnelle. Je pense qu'un livre c'est une réalisation qui dévoile des facettes intéressantes sur la personne qui l'a écrit; en quelque part l'auteur essaie de nous faire vivre une histoire sous la loupe qu'il utilise pour voir et comprendre le monde. Il y a aussi le fait que lire ça permet de s'évader de la réalité, de stimuler l'imaginaire et de nous faire voyager dans le temps et l'espace tout en restant assis. Assez puissant quand on y pense. Sans oublier le nouveau vocabulaire et l'appropriation de la langue que l'auteur en fait. C'est fascinant tout ce qu'un auteur peut réaliser avec son style, la ponctuation, l'utilisation ou l'absence de dialogues, le monologue, la narration et le narrateur, le choix des expressions et des figures de style, ... plein de choix qui font qu'écrire un livre représente une entreprise beaucoup plus complexe que ce qu'elle en a l'air au premier abord. Il doit être difficile d'être à la fois indécis et auteur!

Il y a aussi des raisons qui sont secondaires, mais qui sont quand même là. Et c'est ici qu'il faut faire preuve d'honnêteté. Le côté bourgeois (oui oui, dans le sens péjoratif du terme...le sens conformiste). Moi-même je choisis mes livres parfois parce que 'ça paraît bien d'avoir lu tel auteur' ou encore 'les critiques littéraires ont encensé tel auteur, il faudrait que j'aime ça pour prouver que je connais la littérature'. Ça me rappelle le genre de conversation: 'As-tu lu le dernier .....' et l'autre de répondre: 'ah mais certainement, j'ai adoooooooré...' quand en fait on sent que ce n'est pas sincère du tout mais plutôt pour se conformer à ce que les gens pensent en général. Comme si on devait se conditionner à aimer tel livre, tel auteur parce que d'autres avec une réputation l'ont reconnu avant nous.

Finalement, je pense que lire est une activité très personnelle et que l'appréciation qu'on a des livres qu'on a lu devrait rester authentique et sincère lorsqu'on l'exprime, ce qui n'est malheureusement pas toujours le cas. Pour ma part, j'ai fait toute une progression depuis l'adolescence lorsque c'était obligatoire de lire dans nos cours de français et que ça me prenait tout mon petit change pour lire les livres imposés, alors que maintenant je prends un réel plaisir à découvrir de nouveaux auteurs et des récits captivants.

Bonne lecture!

Jonas

Par Jonas
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 2 octobre 2005

Vous considérez vous de nature naïve, du genre à tomber dans les pièges et à croire à l'instant ce que les gens disent sans vous questionner, pour ensuite vous rendre compte qu'on vous a posé un lapin ou monté un bateau? Moi oui. En fait, je crois que je l'étais beaucoup plus avant, mais que mes expériences ont transformé ma curiosité naïve en attitude beaucoup plus questionneuse et moins gobante. C'est tout de même positif, mais je me fais encore avoir parfois...

Les situations où l'on devrait faire appel à notre flair et intuition puis questionner sont innombrables: quand on regarde les nouvelles TV ou encore un discours politique, lorsqu'on nous fait une promesse, lors d'une entrevue pour un nouvel emploi, lorsqu'on intéragit soit avec des collègues de bureau, des amis ou encore la famille. Sans oublier les voyages: est-ce qu'on essaie de me vendre cet objet à 3x le prix parce que j'ai une caméra autour du cou? Je déteste qu'on me prenne pour un porte-monnaie sur 2 jambes en passant!

Ceci nous amène donc à douter et remettre en question sans tout gober automatiquement, ce qui n'est pas mauvais en soi... mais il faut aussi apprendre à faire confiance. Et c'est quand on décide de faire confiance, puis qu'on réalise qu'on aurait peut-être pas dû, qu'on se met alors à douter de plus en plus (un genre de cercle vicieux finalement!).

Si on prend la politique par exemple. C'est certain que les politiciens en campagne électorale vont y aller de pleins de promesses dans le but de se faire élire... et lorsqu'ils y réussissent, ils ne peuvent bien souvent pas tenir toutes ces belles promesses (au Qc: aucune baisse d'impôts en vue, 1 milliard avait été promis!!) et vont souvent réaliser celles qui sont le moins politiquement coûteuses (i.e. réaliser les promesses qui vont faire que les gens ne seront pas trop déçus par celles non-réalisées ou encore vont oublier l'engagement non-réspecté et vont encore voter pour eux dans x ans). Plutôt mal parti, Jean...

Exemple: Jean Charest et le Parti Libéral du Québec avec leur slogan de campagne 'Nous sommes prêts!', alors que depuis leur élection on assiste au plus long match d'improvisation à avoir eu lieu depuis bien des années lorsque vient le temps de gouverner et de prendre des décisions. Et c'est ce genre de situation je pense qui amène les gens à adopter une attitude cynique face à la politique entre autre ou encore la bonne volonté des gens en général. Ces gens qui ne gobent plus rien et ont décidé que toute cette petite politique c'est de la foutaise qui n'amène rien de bon.

Je fais donc la réflexion suivante: dans le processus normal d'évolution d'une personne (saine d'esprit, on s'entend!), passe t'on de jeune naïf et optimiste à adulte mature et questionneur, puis à vieux cynique et chialeur? En tout cas, j'espère que non et que je vais devenir de moins en moins naïf, mais tout en faisant confiance aux gens qui la mérite et sans devenir cynique et aigri par les mauvaises expériences de la vie.

Réflexions d'un dimanche soir ... imaginez rendu au vendredi!

Jonas

Par Jonas
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 13 octobre 2005

Ça y est, plus que 17 jours avant le demi-marathon d'Auckland. Décompte final des jours, derniers entraînements à venir, etc. Je pense être en bonne forme pour réaliser un temps raisonnable (selon mes standards!), mais on ne sait jamais... Le tout dépend de la matinée du 30 Octobre!

Je me souviens que l'année dernière je m'étais levé pas mal tôt (environ 4h30 du matin) pour aller prendre le traversier et me rendre à Devonport pour le commencement de l'événement. Juste comme j'arrivais à la ligne de départ le coup de canon m'a fait sursauter et j'ai réussi de peine et de misère à me faufiler au travers cette marée de gens fébriles qui déferlait partout autour de moi. Je me rappelle aussi d'avoir vécu une matinée incroyable et un moment intense en émotions; superbe température, aucun vent, soleil levant, traversée du harbour bridge avec vues prenantes sur la ville, le tout parsemé d'encouragements tout au long du trajet. Comment oublier! C'est d'ailleurs ce qui m'a motivé dans les dernières semaines à continuer de m'entraîner puisque ce n'est pas toujours évident de rester motivé. Et que dire du sentiment d'accomplissement qu'on ressent lorsqu'on croise le fil d'arrivée sous des applaudissements chaleureux ... c'est indescriptible! Pour moi ce fut mon moment olympique; la réalisation d'un objectif après plusieurs semaines de dur labeur.

Courir pour moi c'est une passion et aussi un défi qui reste toujours à relever. On peut courir pour plusieurs raisons mais en bout de ligne je pense qu'on le fait pour soi et pour s'accomplir en quelque part. Quand on y pense, on finit toujours par revenir à l'endroit où on a commencé notre course, au même point de départ. Mais cette activité intense qui fait battre le coeur à tout rompre me permet de libérer les pensées, d'aérer les poumons et de me sentir vivant et bien dans ma peau. Bien que ce ne soit pas toujours une partie de plaisir quand la température n'y est pas ou alors quand on a l'impression que le corps ne suit pas comme on voudrait, il reste que courir c'est une expérience qui dépasse les limites physiques et fait beaucoup appel à la volonté et la force psychologique. En partant avec un prédisposition positive et une attitude confiante, on a la possibilité de tout réaliser. Courir, c'est comme la vie en fait; il y a des hauts, il y a des bas, mais en gardant la tête haute et une attitude positive on a le potentiel de réaliser de grandes choses. Il suffit de se le répéter pour y croire et réaliser ce qui nous est cher avant de s'endormir pour le restant de l'éternité...

Ne vous gênez pas pour les encouragements ;) Ça fait toujours plaisir!

Jonas

Par Jonas
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 8 novembre 2005

Ahhh... on sent l'été qui approche! Et ce soir nous avons décidé d'en profiter un peu. Pas trop (on est juste mardi, quand même, faudrait pas exagérer...). Comme notre balcon donne sur le coucher de soleil à tous les soirs, on s'est dit: pourquoi ne pas souper sur le balcon? Quelle idée sensas! Bon, il faut préciser qu'en tant qu'avares (pour une définition exacte de ce qu'est un avare, voir la réaction de Louis de Funès dans le film L'Avare, lorsqu'on lui dit: Montrez-moi vos mains!) on a pas de BBQ, ni de table ou chaises de balcon. Trop cher et de tout façon notre balcon en métal est trop petit pour accomoder un ou plus d'un des items proposés... et puis on va partir un jour donc faudrait revendre à un prix inférieur ... décidément, trop compliqué!

Nous avons donc improvisé une petite table (gros bac en plastic mis à l'envers, même pas de nappe; très original...) et on a dégusté notre pizza maison faite avec du pain bio et des légumes (en ajoutant bien entendu full pepperoni et fromage mozza pour compenser l'effet santé des autres ingrédients...). Un peu froid et inconfortable en position assise, les oreillers ont été de mise. En soupant autour de 19h, le soleil était encore relativement assez haut dans le ciel et nous tenait bonne compagnie. Après s'être rempli la panse, toujours sur le miniature balcon transformé en table à pique-nique pour enfants, un peu de lecture et de relaxation ont complété la journée. Tout de même agréable comme scénario de fin de journée! Et vous dans l'hémisphère Nord, vous avez soupé à l'intérieur en regardant la noirceur du soir et le vent percuter les fenêtres tout en faisant craquer la maison? ;) Bien quoi? Faut bien qu'il y ait un avantage à vivre Down Under à l'autre bout du monde bon! :) Et c'était le moment pour moi de vous le rappeler...

Ciao!

Jonas

Par Jonas
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 18 novembre 2005

Avant de partir pour la NZ, j'avais l'impression que s'adapter au nouveau pays serait assez facile et se ferait automatiquement, sans qu'on ait vraiment à s'en faire. Que se faire de bons amis était une question de jours. Eh bien la réalité m'a prouvé le contraire. Je dois avouer qu'on a eu d'innombrables soirées passées à écouter des films qu'on avait loués ou encore à écouter la TV, puisque nous ne connaissions tout simplement personne d'autre ici! Pas de famille, pas d'amis, à peine quelques connaissances. Pourtant je ne me considère pas du tout anti-social, et je suis plutôt facile d'approche (ceux qui me connaissent bien peuvent l'attester!). La première année a été plutôt difficile de ce côté; on en venait à se sentir isolés dans un pays loin de tout. Sortir de NZ, c'est minimum 3h d'avion...

Après plus de 15 mois à Auckland, je pense que je comprends un peu plus les raisons pourquoi l'intégration dans une nouvelle société, ça prends du temps et de la patience. Tout d'abord il y a la langue. Mon anglais n'était pas excellent en arrivant et ça me gênait de parler (de faire des fautes). Maintenant je suis beaucoup plus à l'aise et même si je fais parfois des fautes, ça ne m'empêche pas de discuter avec des nouvelles personnes. Sans parler de l'accent kiwi ... durant les premiers jours, je ne comprenais absolument rien! Et qu'est-ce qu'ils marmonnent, ces kiwis! Je suis toujours, encore aujourd'hui, incapable de prononcer le nom IAN en anglais ici sans me décrocher la mâchoire. Et le pire c'est que personne ne me comprend quand je le dis! Ils le prononcent genre IEEAUN ... j'ai abondonné dans ce cas-ci; il n'y a vraiment rien à faire...

Il y a aussi la société anglo-saxonne (kiwi dans ce cas-ci), qui est à mon avis beaucoup plus froide et difficile d'approche que ceux au sang latin. Les premiers contacts sont plutôt froids en général et difficiles à provoquer. Un peu le chacun pour soi, faut pas déranger, on ne se connaît pas... Mais je dois dire que les choses ont tout de même changé ses temps-ci. On a rencontré des gens par l'entremise du bureau de Phil, un couple plutôt exotique en fait: un turc et une mexicaine... en NZ! Plutôt spécial! Mais ils sont adorables... Laurence et Ana. On s'en va en marche en forêt pour le week-end avec eux justement (dans la Karangahake Valley).

Je me suis aussi fait quelques amis au travers mon bureau. Daniella qui travaille avec moi est vraiment drôle et ses amis Hayden et Diana sont ce qu'il y a de plus sympathique! On est justement allés prendre un verre hier pour la fête de Daniella, et je dois dire que je me suis senti vraiment confortable toute la soirée, et j'ai eu des discussions intéressantes avec des gens avec qui j'ai des points en commun. Je dois avouer que ça faisait longtemps que j'attendais ça; sentir le début d'une amitié sincère. Ça arrive malheureusement moins souvent qu'on le voudrait. Le partage du bubbly NZ (genre de champagne NZ, mais moins bon que du vrai champagne) a donc débuté le début de quelque chose de nouveau pour moi, un je ne sais quoi qui me donne l'impression que mon intégration ici m'apparaît enfin comme réelle. C'est un très bon sentiment, mais un peu moins de bubbly la prochaine fois... surtout pour un jeudi soir.

Jonas

Par Jonas
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 18 décembre 2005

Il est toujours difficile de s'auto-évaluer et de tenter d'évaluer les choix qu'on a fait dans la vie. Suis-je heureux? Est-ce que j'ai fait le bon choix de carrière? Aie-je le bon emploi? Suis-je avec la bonne personne? Suis-je au bon endroit? Qu'est-ce que je fais en Nouvelle-Zélande (bon OK, celle-là c'est pas tout le monde qui se la pose... mais moi oui)? Est-ce que j'ai fait les choix pour moi ou pour les autres?

Bref, c'est bien beau de se poser toutes les questions énumérées ci-haut, mais il faut tenter d'y répondre aussi sinon ça peut nous empêcher de dormir... et la plupart du temps, il faut d'abord trouver quels sont les points de référence, les repères et les valeurs qu'on a à coeur pour ensuite faire l'ébauche pour soi-même de réponses plus ou moins satisfaisantes, selon le degré de franchise dont on est capable. On peut évaluer son évolution par rapport à soi-même, mais souvent aussi par rapport aux autres qui nous entourent. Se comparer devient même parfois la façon privilégiée pour s'évaluer... ce qui n'est pas toujours sain à faire, j'en conviens!

Dans le fond, je ne pense pas qu'on puisse réussir à répondre à toutes nos interrogations de façon définitive. Il faut tout d'abord essayer de prendre une distance, reculer un peu et constater où on est rendu par rapport à où on est parti. C'est déjà un bon départ si on peut voir le chemin parcouru.

En fait, je ne pense pas qu'il y ait d'endroit parfait où vivre, de chum parfait ou encore d'emploi de rêve. Je trouve important de pouvoir définir ce qui est important pour soi-même et ensuite d'essayer d'orienter nos choix dans cette direction pour vivre une vie qui nous représente le plus possible et qui est authentique, vécue selon nos principes. Il y a aussi les fameux compromis qu'on doit faire ... jusqu'à quel point les compromis qu'on fait viennent nous compromettre nous-même? D'accord pour les compromis dans certaines circonstances, mais pas à n'importe quel prix ...

Dans mon cas, après 17 mois de vie à l'étranger, avoir changé d'emploi et à la veille de passer un deuxième Noël qui sera loin d'être blanc et loin de ma famille, je réalise à quel point la vie se passe dans une zone grise envelopée de brouillard, et que les réponses qu'on en obtient sont le résultat des conclusions qu'on tire pour soi-même.  Peut-être sombre comme constat, mais en même temps ça me pousse à réfléchir et à analyser les événements sous un autre angle, angle que je n'aurais pas eu je pense si je n'avais pas pris le risque de partir à l'aventure down-under.

Joyeux temps des fêtes à tous! 40 cm de neige à Montréal, wow! Profitez bien du temps passé en famille... je meure d'impatience de voir mes parents et ma marraine en février ;) Vous me manquez beaucoup... Gros bonjours à mes amis de Montréal et de Gatineau! Je ne vous oublie pas, c'est certain! xoxo

Jonas

 

 

Par Jonas
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 10 février 2006

Après plusieurs mois de petite vie tranquille au pays des kiwis, les événements se bousculent et on dirait que tout arrive en même temps. Tout d'abord, mes parents et ma marraine viennent tout juste d'arriver! Pour eux, c'est l'autre bout du monde (ils n'ont peut-être pas tort, mais quand on y vit on y pense plus vraiment...) et les retrouvailles ont été plutôt émouvantes après 1 an et demie de séparation. On doit maintenant cohabiter à 5 dans notre petit appartement, mais on s'en sort bien!  Je suis très content de revoir ma famille et de partager avec eux mon expérience d'expatriation tout en leur montrant ma terre d'accueil depuis plusieurs mois déjà!

Quelques surprises m'attendaient avec l'arrivée de mes parents... la plus grosse étant une lettre de mon amie Mélanie, de Gatineau! Ma mère a réussi à entrer en contact avec elle quelques jours avant son départ et lui a dit que si elle voulait lui donner une lettre, elle me la remettrait en personne... ce qu'elle a fait! J'ai d'ailleurs appris que Mel et François sont fiancés et vont se marier dans environ 2 ans... wow! Ça fait toujours plaisir de savoir que nos amis vont bien et font leur chemin dans la vie, bien qu'on soit très loin d'eux... j'ai bien hâte de les revoir d'ailleurs. J'ai aussi reçu d'autres lettres de ma famille, ce qui fait chaud au coeur. L'autre surprise (qui n'en était pas vraiment une en fait) est venue du fait que mes parents et ma marraine m'ont acheté les 4 livres (EN FRANÇAIS!) que j'avais mis sur ma liste à acheter. Enfin de la littérature québécoise/française!

La journée avant que mes parents arrivent, j'ai remis ma démission... pour début mars. Pas facile de remettre sa démission, surtout quand on apprécie son emploi et les gens avec qui on travaille! Cependant, je pense qu'il est temps de passer à autre chose et que c'est le bon moment. Notre visa de travail finit vers la fin avril et nous avions prévu partir de NZ avant cette date de toute façon. Bilan NZ à suivre dans les prochains jours certainement sur ce blog...

On a d'ailleurs averti la compagnie qui s'occupe de notre appartement qu'on partirait pour le 4 mars. Mes parents quitteront la NZ le 18 février, ce qui nous laisse environ 2 semaines pour se débarrasser de nos meubles, vendre l'auto, etc... Partir, partir, mais partir pour où au fait? Phil est en discussions avec Paris depuis plusieurs semaines déjà, alors il se peut qu'on tente notre chance dans le pays des 'modits franças' ;) Il se peut que l'expérience se termine en visite de quelques mois en Europe seulement, suivi d'un retour à Montréal, mais qui risque rien n'a rien!

Disons que l'ambiance est plutôt fébrile ses jours-ci, entre un itinéraire pour que mes parents visitent la région et un petit saut au 'flight centre' pour essayer de trouver un vol pour Paris pas trop cher, il ne reste plus beaucoup de temps avant le départ pour tout organiser! Je tente de rester calme et de contrôler ma nervosité, mais ce n'est pas toujours évident (Phil ne l'a pas facile avec moi et ma famille à ce moment-ci, décidément!).

On part pour le week-end à Rotorua... refaire des visites que j'ai déjà fait pour moi-même, avec Sylvain quand il est venu, puis avec mes parents maintenant, mais c'est toute une expérience à partager avec eux et je suis heureux de les avoir ici avec moi; ça me fait plaisir de redécouvrir le pays avec eux.

Jonas

Par Jonas
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 1 mai 2006

On pourrait croire que je m'apprete a faire une critique litteraire, mais il n'en est rien. En fait j'emprunte seulement le titre de l'auteur Milan Kundera puisque je trouve qu'il represente bien l'etat d'esprit dans lequel je suis en ce moment, depuis mon depart de Nouvelle-Zelande a vrai dire.

Dans quelques jours (en fait 2 jours) je serai de retour a Montréal apres un voyage de 60 jours en Europe, et juste avant de partir pour ce voyage je me suis debarrassé d'a peu pres tout ce que j'appartenais (de matériel, on s'entend!). Ca m'a fait vraiment bizarre de me départir de tous mes meubles et de plusieurs objets ... en fait sur le coup j'avais le sentiment que mon expérience en NZ avait été un echec. Bien sur que ce n'est pas le cas puisque j'ai vécu une experience extraordinaire et que j'en ai bien profité, en plus d'assumer pleinement ma decision de passer a autre chose et de partir, mais quand meme un depart ca reste toujours un peu marquant.

Je me retrouve alors aujourd'hui a Zagreb (Croatie toujours) avec mon gros sac rempli de linge, a peu pres tout ce qu'il me reste a part ma valise a moitie remplie (de linge elle aussi...) chez la cousine de Phil a Paris. En fait tout est a recommencer ... et meme si ca fait quelques semaines que j'attends mon retour au Québec pour revoir les miens et retrouver mon pays et ma culture, j'ai tout de meme l'impression que les choses ne seront plus pareilles et que je devrai trouver ma voie, une fois de plus. 

Pour revenir au titre, eh bien on peut difficilement etre plus léger que moi en ce moment! Combien d'entre vous peuvent dire que tous les objets qu'ils possedent entrent dans un sac a dos pour un total de 15kg? Et il n'y a pas simplement le cote matériel, mais aussi les responsabilités... en ce moment je n'ai pas d'emploi, pas de loyer a payer (bon OK ca c'est bien!) mais donc pas de maison, de chez-moi. Je dois avouer que j'ai bien hate de savoir ou je m'en vais et a quel port je vais m'ancrer, et c'est ce qui a rendu mon voyage un peu angoissant parfois; trop de temps pour penser et pas nécessairement le temps propice pour tout régler!

Choix difficiles en perspective, mais je suis pret a affronter la musique et a prendre les choix qu'il faut pour poursuivre ma route...

 

A tres bientot! (c'est vrai cette fois-ci que c'est bientot!)

Jonas

Par Jonas
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus