Jeudi 1 septembre 2005
4
01
/09
/2005
00:00
'It is the spectator, and not life, that art really mirrors'

C'est mon premier roman d'Oscar Wilde. À mon avis, il fait partie de ces romans dans la catégorie: les intemporels de la littérature. On peut classer ce roman dans cette catégorie puisqu'il a été écrit il y a plus de 115 ans (en 1890) et qu'on le considère toujours d'actualité! Curiosité piquée, il ne m'en fallait pas plus pour que je me le procure...
J'avais à plusieurs reprises entendu parlé du fameux portrait de Dorian Gray... mais qu'a t'il de si spécial ce portait pour qu'on en discute toujours après que tant d'eau ait coulé sous les ponts? Dorian a fait le voeu d'échanger son âme contre une éternelle jeunesse... Il va alors garder son air de jeunesse pour toujours et c'est son portrait qui va subir les transformations suite aux nombreux péchés qu'il va commettre. Dorian cache donc son portrait dans une salle poussiéreuse et devient même paranoïaque à l'idée que quelqu'un découvre son portrait et ainsi que sa double vie soit dévoilée au grand jour.
Lors de sa sortie dans les années 1890, ce roman a fait scandale et plusieurs personnes ont été choquées par les péchés qu'il évoquait. Ce roman s'est même retourné contre Oscar Wilde lors de son procès en 1895 à Old Bailey, alors qu'on l'accusait d'homosexualité et de grossière indécence... on a même lu des passages de son livre durant le procès en l'accusant d'incarner le personnage central de son roman, Dorian Gray. Après avoir été condamné à 2 années d'emprisonnement, avoir été laissé par sa femme et fait faillite, Oscar Wilde est mort en 1900 dans la pauvreté, errant dans les rues de Paris... ce qui en fait aujourd'hui le martyr gay de choix.
Revenons au roman: en mettant au coeur de son livres des thèmes comme le narcissime, la peur de vieillir et l'hypocrisie je pense qu'Oscar Wilde a réussi à bien décrire des caractéristiques qui franchissent les époques pour être toujours aussi présentes dans notre société occidentale d'aujourd'hui. Comme quoi le politically correct n'est pas prêt de disparaître...
Oscar Wilde amène aussi plusieurs réflexions intéressantes sur ce qui devrait définir l'art et ce qui doit y resté séparé. On comprend donc que selon lui l'art ne devrait pas être mélangé avec l'éthique mais devrait plutôt rester séparé de la vie morale (ce que Dorian ne fait pas en amenant sa vie morale dans le portrait, avec des conséquences plutôt désastreuses...).
Finalement je dois dire que ce roman m'a beaucoup fait pensé (le côté parano de Dorian) au roman Crime et châtiment de Dostoyesvsky (1866). Le côté psychologique du protagoniste et son évolution aux travers du roman nous permet de tracer des parallèles avec le cheminement et la dégradation d'esprit du russe Raskolnikov...
Bref, j'ai bien aimé ce roman aux allures fantastiques qui nous permet de décortiquer la nature humaine et de comprendre un peu plus les motivations souvent secrètes qui poussent les gens à agir d'une certain façon en société et différemment ailleurs. Et je dois avouer que je n'y échappe pas moi non plus; je me suis parfois reconnu dans le personnage de Dorian et c'est ce que j'aime de ce genre de roman. Il nous permet de faire une introspection et d'analyser nos valeurs ainsi que les motivations derrière nos agissements, chose qu'on est pas porté à faire spontanément.
Jonas
Commentaires