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carnet

          d'influences

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Je viens de là où le fleuve se rétrécit et j'ai originellement créé ce blog pour raconter mon expatriation au pays des kiwis. Me voici maintenant en deuxième expérience de vie à l'étranger, cette fois à Paris ░ ou presque ░ où je vis pleinement l'inattendu. Cet important espace pour moi est mon exutoire créatif; regardant mon nombril mais aussi tout ce qui l'entoure, je questionne ce que je vois et je cherche à comprendre pourquoi, la curiosité s'étant emparée de moi depuis belle lurette et ce malgré moi. J'assume. Jonas
Lundi 4 septembre 2006


Journée pluvieuse et fraîche + dernier dimanche d'une expo = allons au musée. Je n'étais  donc pas le seul hier à avoir trouvé la réponse à cette équation et à me pointer le bout du nez au Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa pour aller voir l'expo Emily Carr - Nouvelles perspectives (qui finit aujourd'hui le 4 septembre).


En fait je suis allé à la découverte du monde d'Emily Carr, cette artiste peintre  de la Colombie-Britannique (1871-1945), dont la seule connaissance que j'avais  était le fait qu'il existe une institution appelée Emily Carr Institute of Art + Design. J'avais donc beaucoup à découvrir sur cette artiste canadienne qui est probablement l'artiste d'ici la plus connue dans le monde mais que moi je ne connaissais pas du tout (c'est grand le Canada et c'est loin, la Colombie-Britannique, du Québec!).


L'expo se nomme Nouvelles perspectives puisque les oeuvres d'Emily ont déjà été exposées en 1927 à l'Exposition de l'art de la côte ouest du Canada puis en 1990 au Musée des beaux-arts à Ottawa d'ailleurs. L'expo que je suis allé voir n'était pas présentée en ordre chronologique mais bien par différents thèmes montrant le cheminement de l'artiste. Chaque salle avait son thème et les peintures, masques, tapis, etc. qui s'y rattachaient.


Le parcours commence avec une reconstitution partielle de l'exposition de 1927 avec des peintures et autres objets mettant en scène la culture des Premières nations ha
ïda, tsimshian et kwakwaka'wakw (ne me demandez pas de le prononcer!). Emily tentait de reproduire avec exactitude la culture des Premières nations dans ses toiles aux alentours de 1910 avec la représentation de beaucoup de mâts totémiques (voir plus bas).


Totem Poles at Kitsegukla, 1912

On voit ensuite sa progression qui est surtout due aux différentes rencontres qu'elle va faire entre autres avec Lawren Harris (du groupe des Sept) et Mark Tobey de Seattle vers la fin des années 1920 qui vont la convaincre de l'importance d'avoir des formes simplifiées et d'éliminer les détails superflus.  Ceci a donné des peintures vraiment extraordinaires et c'est la partie de l'exposition que j'ai la plus appréciée. On voit qu'Emily s'approprie les mâts totémiques pour en donner une vision très personnelle (quoique pas toujours exacte) et intégrée aux paysages uniques de la Colombie-Britannique.


Zunoqua of the Cat Village, 1930


La partie suivante de l'exposition montrait la fin des années 1930 alors que les peintures d'Emily ont été utilisées pour faire la promotion touristique de la Colombie-Britannique. Ses peintures démontraient aussi de plus en plus la réalité des effets de l'exploitation forestière sur la province. On le voit entre autres dans la peinture Scorned as Timber, Beloved of the Sky (1935) représentant un arbre-pylône que les gens qui exploitaient la forêt gardaient pour attacher d'autres câbles et ainsi hisser les billots coupés.



Scorned as Timber, Beloved of the Sky (1935)



J'ai bien aimé découvrir l'oeuvre de cette artiste au travers de cette expo, malgré les foules plus que présentes et le fait que le choix des toiles dans chaque section aurait pu être fait autrement. J'arrivais vers la fin de l'exposition et je voyais des toiles que moi j'aurais classé dans une des premières parties probablement (peintures de 1912 par exemple). Bien que le concept voulait s'éloigner de la traditionnelle présentation des objets d'art en ordre chronologique et plutôt les présenter par thèmes, je pense qu'ils auraient pu faire un effort pour regrouper les oeuvres semblables ensemble au lieu des les éparpiller un peu partout puisqu'en fin de compte la progression d'un(e) artiste se fait dans le temps et au travers les diverses influences qui vont marquer chaque période.


Jonas 
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Samedi 2 septembre 2006


Destination: Paris

Plus précisément: en quelque part près de la ligne 3 du métropolitain

Encore plus précisément: pas de vos affaires!


A faire avant de partir:


- aller manger un sorbet au cassis au bilboquet sur rue Bernard
- aller à la petite place de sushi en bas du Phos sur Côte-des-neiges (si ça existe encore!)
- louer la série Le coeur a ses raisons en DVD, question de rire un peu
- acheter livres et CDs d'artistes d'ici (au cas où ça soit difficile à trouver là-bas)
- écouter la radio de la première chaîne (ça je vais m'en ennuyer, je dois l'avouer... au moins il y a internet)
- passer du temps avec mes amis mais pas trop (faudrait pas que je leur laisse le temps de s'inviter chez moi, quand même! ;)


Ne pas oublier d'emporter:


- passeport + visa (bof, facultatif pour entrer en France quand on est québécois)
- bouteille d'eau, parfum, gel, crème dans mon sac pour l'avion (ce n'est pas ça la nouvelle règle?)
- DVDs de Sex and the city (au cas où je m'ennuierais un soir " froid " d'hiver)
- chemise à carreaux, ceinture fléchée et gros bocal de sirop d'érable (faudrait pas que les Français pensent qu'on ne vit plus dans des igloos au Québec... )
- les valises
- mon accent québécois (mais qu'on ne me réponde pas en anglais, c'est insultant ça! Vous êtes avertis là :)


J'ai besoin en arrivant:

- d'un emploi (encore une fois)
- d'un appartement (non ça c'est réglé; merci Phil!)
- survivre au moins les 12 mois qu'on m'accorde en France (c'est pas gagné hehe)


A bientôt!


Ciao,


Jonas

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Vendredi 1 septembre 2006
Parti ici, chercher ça. Je me croise les doigts!


Jonas
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Mercredi 30 août 2006


Lorsque j'ai aperçu la couverture du livre Albucius de Pascal Quignard, j'ai immédiatement pensé à la fresque de la villa des Mystères (Pompéii) - en fait il s'agit bel et bien d'une image de portion de cette fresque, l'initiation au culte. J'ai vu cette fresque il y a quelques mois déjà et je me rappelle que j'avais été très impressionné sur le coup par sa qualité malgré les siècles qui se sont écoulés depuis sa création et aussi par toute l'histoire qui peut être racontée en analysant les différents tableaux.


Pour être honnête, je n'avais jamais entendu parler de cette fresque avant de la voir sur place (ça sert à ça les voyages, non?) et j'ai eu la chance de l'observer en même temps qu'un guide (français et plutôt mignon de surcroît, mon jour de chance!) d'un groupe responsable d'écoliers prenait la peine de leur expliquer la signification des différents tableaux. Je suis donc resté plusieurs instants à admirer le guide les peintures et à écouter d'une oreille attentive ce qu'il avait à raconter sur le sujet.


En fait, j'ai toujours été fasciné par cette période de l'Antiquité dominée par les Romains et le livre de Pascal Quignard nous replonge justement à l'époque du règne de Caius Julius Caesar en relatant la vie et l'oeuvre du romancier Caius Albucius Silus qui sert de cadre à son roman.


L'auteur s'est servi, pour bâtir son roman, de plusieurs extraits de textes à saveur morale d'Albucius ou encore de ce que des gens qui ont eu la chance de le côtoyer ont écrit sur lui ainsi que leurs opinions des textes du romancier. Il y a plusieurs citations en latin (avec traduction par la suite, bien évidemment) dont voici un exemple que je trouve très beau, tiré du texte Pauper naufragus (Le pauvre naufragé):


<< Lacrimae coacti doloris intra praecordia et intolerabilis silentii eruptio. (Les larmes sont l'explosion brusque d'une douleur cachée au fond du coeur et la brèche d'un silence que l'on n'a plus la force de garder.) >>

Albucius, P. Quignard, p. 218


J'ai aussi trouvé très intéressant et même surprenant de découvrir à quel point les récits de l'époque ont été très souvent le théâtre de drames familiaux ou conjugaux assez violents qui aboutissaient la plupart du temps devant la justice pour se régler:


<< Elle descend à la ville en tenant son ventre qu'ils ont frappé, en tenant sa vulve qu'ils ont rendue inutile. (...) Cinq ans ont passé. Le mari répudie sa femme pour stérilité. La patricienne s'adresse au tribunal. Elle poursuit son mari pour ingratitude.

- J'ai donné pour toi mon ventre non au pénis mais aux tenailles, non à l'eau de ta bouche mais au feu. A-t-on vu que les tenailles donnent des enfants?

- Mon nom s'anéantit. Que dirai-je à mes pères? Il se détourneront de moi. " Tu as laissé le nom que nous t'avions donné, diront-ils, comme une cosse vide. Cela faisait des saisons que ces lettres sonnaient dans les bouches romaines. Un nom dépourvu de sang, de bras, de visage, n'est même pas une écorce de pistache de l'île d'Égine." >>

Albucius, P. Quignard, p. 161-162 (tiré de: Torta a tyranno pro marito, La femme  torturée)


On voit ainsi les personnages des textes d'Albucius qui doivent faire face à des dilemmes d'ordre moral qui nous démontrent quelles étaient les moeurs à cette époque. Encore plus intéressant et révélateur des moeurs Romaines (de mon point de vue) de voir quelle est la réaction d'Albucius lorsqu'on lui reproche d'être homosexuel:


<< Ecquid mihi licet seniles annos meliore vita reficere? (Ne m'est-il par permis de retremper ma vieillesse dans une vie plus agréable?) >>

Albucius, P. Quignard, p. 168


C'est donc dire que l'homosexualité n'était pas bien vue, mais qu'en même temps on la tolérait puisqu'il en était question de façon pas toujours subtile dans quelques récits d'Albucius. Plusieurs parallèles à faire avec la tolérance envers l'homosexualité 2000 ans plus tard; j'ai l'impression que la situation n'était en fait pas si différente d'aujourd'hui au temps des Romains, peut-être est-ce moi qui se trompe?


Jonas
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Mardi 29 août 2006

Mon premier vrai contact avec cette série télé s'est fait en lisant ce billet. J'en avais déjà vaguement entendu parler mais je n'ai jamais eu la chance de suivre la série à la télé pour la simple et bonne raison que j'ai été absent du Québec pendant 1 an et demi. C'est maintenant avec beaucoup d'enthousiasme que je regarde des extraits sur youtube. Cet extrait en particulier m'a fait beaucoup rire! Marc Labrèche est vraiment excellent, qu'est-ce qu'on ferait sans lui? On rirait beaucoup moins, ça c'est certain. Je pense bien aller louer la série en DVD (si c'est possible) avant de partir pour la France, question de me dilater la rate en regardant cette parodie des soaps américains.


Faites l'étoile!! *


Jonas
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Mardi 29 août 2006
Quelques années après mes frasques impliquant un non-dégât de gâteau au chocolat puis une auto-avalanche volontairement provoquée de poudre de bébé, j'étais toujours à la poursuite de ce qui est esthétique autour de moi. Pour bien comprendre cette soif inassouvie d'esthétisme qui m'habitait à l'époque (et qui me hante toujours je suppose) je dois vous expliquer d'où je viens. Pas juste vous le dire, mais bien l'expliquer. Juste le dire ce n'est pas assez, vous ne me comprendriez probablement pas et penseriez que je suis juste un cinglé - bon ok, ça vous le pensez déjà.




Je suis originaire de...
Gatineau et malheureusement j'y ai passé les 19 premières années de ma vie. Imaginez un grand champ aux longues herbes couleur jaunâtre qui flottent au vent. La scène peut paraître enchanteresse si on s'arrête là, je dois l'accorder. Maintenant, mettez un gros boulevard asphalté de 4 voies qui passe en plein milieu du champ. Beaucoup moins séduisant, mais on obtient tout de même le centre-ville de Gatineau (et/ou le modèle de toute ville moyenne du Québec qui aspire à devenir... enfin, comment dirais-je... une ville moyenne quelconque du Québec).


Au cas où vous ne l'auriez pas encore deviné, Gatineau c'est une méga-banlieue-ville-dortoir où il ne se passe pas grand chose à mon avis. Autre bon exemple: Laval au Québec. Donc, tout autour du gros champ (centre-ville) il y a des bungalows. Des centaines et des centaines de bungalows. L'édifice le plus haut de la ville? L'hôpital de couleur brune, 8 ou 9 étages max. Vous vous demandez certainement à ce point-ci le lien entre mes origines involontaires de banlieusard et ma recherche d'esthétisme? Alors oui, j'y viens dans le prochain paragraphe.


Je me souviens très bien d'une parcelle de terrain où il y avait une grosse pancarte annonçant un "développement professionnel" à venir, donc une nouvelle construction de bâtiment. Coin boulevard St-René et Montée Paiement pour être plus précis. A chaque fois où je passais devant cette pancarte, j'avais toujours un espoir fou de voir le développement finalement amorcé et enfin de voir ma ville se construire pour ainsi devenir une grande ville comme celles que je voyais à la télé. Comme de raison, les seules choses qui changeaient au gré des saisons c'étaient les couleurs de ladite pancarte qui pâlissaient en raison des intempéries. Que de déceptions...


J'ai donc passé mon enfance puis mon adolescence  à  espérer en vain qu'un vrai centre-ville naisse au milieu de ce champ boulevardé, que d'immenses buildings  aux formes  extraordinaires et aux lignes épurées, hautes et droites viennent envahir de leurs mille et unes fenêtres le milieu de ma ville. Je rêvais de bourdonnement d'activité humaine, d'un centre où tout le monde pourrait se rencontrer pour échanger et où une ambiance se créerait. Tout ce qui a réussi à se créer au milieu du champ, ce sont des magasins grandes surfaces avec leurs stationnements encore plus grands. 



Tous mes espoirs s'étant envolés, je me suis dit que l'esthétisme ne passerait probablement pas par Gatineau dans les 100 prochaines années et c'est avec  beaucoup de fébrilité que j'ai quitté cette banlieue endormante pour la grande ville, celle qui allait probablement m'offrir beaucoup plus du côté esthétisme: Montréal.


Jonas
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Dimanche 27 août 2006
Cet après-midi j'ai attendu mes amis (Fred et Cynthia pour ne pas les nommer) pour aller prendre une marche dans le Parc de la Gatineau et ils se sont rendus à près de 25 minutes de retard avant de se montrer le bout du nez en raison de quelque travaux routiers. Comme on le dit si bien par chez nous, il y a deux saisons au Québec: l'hiver et les travaux routiers (et on n'est pas encore dans la première...), alors leur retard a été très vite pardonné.


J'écoutais donc la première chaîne de la radio de Radio-Canada (comme toujours) en les attendant sagement dans la voiture et c'est alors que Jacques Bertrand a fait mention de müvmédia 2006 - le rallye du nomade. Éternel curieux que je suis, je fus immédiatement intrigué par le concept de ce rallye et je me suis vite empressé de griffonner le site web dans mon carnet bleu pour y accéder une fois chez moi.


N'en ayant pas du tout entendu parler auparavant, j'ai découvert en naviguant dans le site web qu'en fait 6 participants entre 18 et 30 ans ont pris part au rallye qui s'est déroulé sur 11 semaines et où ils devaient réaliser des reportages multimédias (1 par semaine) en se promenant au Québec grâce au passeport transport pour aller à la rencontre des Québécois/Québécoises d'un peu partout; concept semblable à la défunte Course destination monde que Radio-Canada nous avait présentée il y a quelques années déjà.


Plusieurs capsules du rallye ont été diffusées sur Télé-Québec tout au long de l'été et le grand gagnant a été dévoilé le 23 août dernier. Donc oui, c'est déjà fini et si vous êtes comme moi eh bien vous avez raté tout le déroulement du rallye et vous l'apprenez après que ce soit terminé. Rassurez-vous, tous les reportages (blogues, vidéos, photos, etc.) des 6 participants sont disponibles sur le site web alors prenez quelques minutes pour aller naviguer et découvrez comment ces jeunes voient le monde ainsi que ce qu'ils ont à dire sur les gens de la belle province.


J'ai regardé quelques-uns des reportages et j'ai vite constaté que la qualité n'est pas la même d'un reportage et/ou d'une personne à l'autre. Chacun a ses forces et faiblesses et malgré les inégalités que j'ai pu déceler (entre autres au niveau de la narration) le résultat final est très intéressant et nous donne plusieurs facettes du paysage québécois vu sous différents angles. Vraiment, j'aurais adoré participer à une expérience du genre moi qui a une passion pour les voyages et les communications!


Avis aux intéressés: l'édition 2007 sera probablement pancanadienne...


Ciao,


Jonas      
Par Jonas - Publié dans : On aime ça! Parle pour toi ...
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Vendredi 25 août 2006


Les scientifiques se sont prononcés: Pluton n'est plus une planète. Ils en sont venus à cette conclusion en optant pour de nouveaux critères définissant ce qu'est une planète. Ce qui m'intéresse et me fascine dans ce cas-ci n'est pas vraiment de savoir si Pluton est une planète ou non, mais plutôt comment la pensée de la communauté scientifique évolue pour en venir à de nouvelles conclusions et ainsi à changer ses définitions et/ou théories.


Un cas qui m'a toujours laissé bouche bée est celui de la théorie du phlogistique. Cette théorie datant du 17ième siècle révélait que les matériaux inflammables sont composés de phlogiston, substance transparente et inodore qui se dégagerait de la matière lorsque celle-ci brûle. Jusqu'au moment de la découverte de l'oxygène (18ième siècle), on croyait que le phlogiston dans les matériaux pouvait expliquer la combustion. Un objet qui brûle perdait donc du phlogiston, c'est-à-dire une partie de sa masse en chaleur.


Il est venu beaucoup plus difficile de défendre la théorie du phlogistique lorsque plusieurs expériences démontraient que certains métaux gagnaient du poids en brûlant alors qu'ils étaient censés en perdre puisque le phlogiston s'échappait. Il a fallu qu'Antoine Lavoisier démontre la nécessité de la présence d'une substance appelée oxygène pour qu'il y ait combustion pour que la communauté scientifique laisse finalement la théorie du phlogistique de côté.


Dans le fond, la communauté scientifique se penche sur divers problèmes et tente de les résoudre en émettant des hypothèses. Lorsque ces hypothèses sont vérifiées - par expérimentation dans la plupart des cas - on accepte donc l'hypothèse en question qui devient une théorie puis on enseigne cette théorie aux "apprentis scientifiques" qui prennent les notions enseignées pour vrai puisque les meilleures pour expliquer le problème rencontré.


Lorsque j'ai fait mes études (en sciences) je pense que ce qui m'agaçait le plus venait du fait qu'il fallait ''gober'' une myriade de théories supposément coulées dans le béton par le raisonnement scientifique. On avait pas vraiment le temps de se questionner sur la valeur de la théorie qu'on nous enseignait: d'autres l'ont démontré avant et ça marche. Et quand je vois des théories comme celle du phlogistique qui aujourd'hui est complètement dépassée, je ne peux m'empêcher d'être sceptique face à ce que le monde scientifique affirme être vrai. Je pense qu'on perd souvent de vue qu'il s'agit de théories et non de vérités absolues.


Qui sait, peut-être que dans 100 ans on rira bien (en fait pas moi puisque je ne serai plus là!) de la théorie de l'oxygène et qu'une autre beaucoup plus plausible pour l'époque l'aura remplacée...


Jonas     
Par Jonas - Publié dans : Impression quasi-sagace
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Jeudi 24 août 2006
Enfin, le visa de Phil est en chemin. En tout cas, c'est ce qu'ils lui ont dit. En espérant que cette fois-ci sera la bonne et qu'il n'y aura plus de rebondissements fâcheux au programme. Je le croirai lorsque je le verrai étampé sur une page de son passeport (note à moi-même: on aurait probablement dû me nommer Thomas). Déjà que le gouvernement français a envoyé une première copie du visa à Toronto au lieu de Montréal, alors que les résidants du Québec ne peuvent ramasser leurs visas qu'à Montréal... étrange décision! Il faut les avoir à l'oeil, décidément.


C'est maintenant rendu à mon tour de faire une demande de visa (vacances-travail dans mon cas) pour aller en France. J'ai entendu dire que si j'avais tous les papiers en mains, le Consultat Général de France à Montréal pourrait m'émettre le visa sur le champ - dans les circonstances actuelles, je me permets cependant d'en douter...  témoignage positif là-dessus, quelqu'un?


Bien que moi et Phil avions décidé d'aller en France vers la fin de notre séjour en NZ, j'ai trouvé très difficile de finalement dire OUI j'y vais lorsque le temps était venu. Je me souviens cependant que j'avais laissé derrière moi assez facilement mes projets au Québec pour partir en NZ à l'aventure il y a 2 ans de cela (déjà). Alors pourquoi est-ce si compliqué de dire OUI cette fois-ci alors que j'ai déjà vécu à l'étranger dans un environnement où la présence de ma langue maternelle était quasi inexistante? Je me pose encore la question je crois. Une fois de plus, Phil aura l'emploi assuré alors que de mon côté je devrai utiliser ma débrouillardise pour trouver un emploi - en France cette fois-ci.


Je pense que ce qui m'a fait beaucoup hésiter avant de m'embarquer dans ce nouveau projet c'est la peur de l'échec. Je connais des gens qui n'ont jamais été capables de se trouver d'emploi en France ou en Suisse par exemple, et ça fait un peu peur je dois l'avouer. Et le fait que l'expérience en NZ s'est si bien déroulée me laisse présager - je ne sais pas trop pourquoi en fait - que la chance ne sera peut-être pas au rendez-vous lors de ma prochaine aventure. J'ai aussi en tête le mythe que les loyers sont chers à Paris (bon ok, c'est une réalité) et que je gagnerai à peine pour subvenir à mes besoins... reste à voir si mon expérience le prouvera. Si je n'essaie pas, je ne saurai jamais.


J'espère donc partir à l'aventure bientôt (une fois de plus!) avec un esprit ouvert et prêt à vivre dans un nouvel environnement qui m'apportera bien des suprises j'en suis certain. Le bungalow, le chien, le chat, tondre le gazon et peinturer l'asphalte de mon entrée au goudron noir, ce n'est décidément pas pour moi! Il est temps que je parte, ça c'est certain.


A suivre... (je n'ai pas encore mon visa, faut pas partir en peur là).


Jonas
Par Jonas - Publié dans : Ainsi sois-je
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Vendredi 18 août 2006
Les soeurs Diane et Béatrice Desloges



J'ai passé la soirée à Casselman (Ontario) en compagnie de ma famille où l'on a assisté au spectacle L'écho d'un peuple qui retrace les 400 ans d'histoire de la communauté Franco-Ontarienne. Ce spectacle est en fait une genre de méga-production (qui se déroule à l'extérieur) et qui implique des centaines de comédiens amateurs et bénévoles. Il s'agit donc d'un croisement entre La Fabuleuse Histoire d'un Royaume (au Saguenay) et Légendes Fantastiques (Drummondville).


Dans ce genre de production, je trouve qu'il y a trop souvent plusieurs scènes kitch - ce qui n'a pas fait défaut dans ce cas-ci comme je m'y attendais - mais il reste qu'une des scènes était absolument réussie. C'est la scène qui raconte la bataille des épingles à chapeaux.


Mise en contexte: 1916, le gouvernement de l'Ontario décide de limiter l'enseignement du français dans les écoles avec le Règlement 17. Deux institutrices de l'école Guigues à Ottawa (Béatrice et Diane Desloges) vont alors lancer un mouvement de résistance au risque de perdre leur salaire et leur brevet d'enseignement. Le gouvernement décide donc de fermer l'école Guigues, ce qui fait bondir la communauté Franco-Ontarienne. Des femmes ne se gêneront pas pour attaquer (avec leurs épingles à chapeaux!) des inspecteurs ou policiers qui tentent de s'approcher d'eux pour imposer l'unilinguisme anglais. Le Règlement 17 sera finalement retiré en 1927 et ne disparaîtra qu'en 1944, après plusieurs manifestations.


La scène en question représentant cet épisode nous replonge dans le cinéma muet où des stroboscopes ont été utilisés pour faire comme si on assistait à un vieux film tourné sur bobine (style montage réalisé aux ciseaux). De plus, ils ont pris la peine de mettre le bruit que ferait l'écoute d'un film de cette époque (le tac-tac-tac que ferait la pellicule...) en plus de rajouter de la musique digne d'un film de Charlie Chaplin. On voit donc des soeurs entourées de jeunes enfants brandissant leurs ardoises et des policiers, matraques à la main, qui essaient de s'approcher. C'est alors qu'une délégation de soeurs vêtues de longues robes noires et chapeaux blancs, épingles à la main, pourchassent les policiers. Je me tordais de rire, tellement l'effet était réussi! Vraiment une belle inspiration avec touche humoristique pour décrire ce combat mené au début des années 1900 pour la sauvegarde de la langue française en Ontario.


Jonas    


Par Jonas - Publié dans : En bon français
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